Le cancer de ma sœur

Voici mon point de vue des événements suite au diagnostique du cancer de ma sœur en décembre dernier.

3Likes
3Comments
266Views
AA

2. Novembre

Novembre 2013

Sportive, brillante, belle, Émilie a toujours été parfaite à mes yeux. Je l’ai envié tellement de fois. Vers la mi-novembre, elle était très souffrante : maux de dos, maux de ventre. J’étais sure qu’elle exagérait. Je me rappelle clairement avoir été jalouse de l’attention que les autres portaient à elle. J’ai même écrit quelques trucs dans un de mes nombreux journaux :

 

«Sa me brule. Émilie fait une supposée dépression puis tout le monde saute dessus pour s’en occuper… Pourquoi personne ne s’inquiète pour moi?»

 

«Ma sœur est malade. Tout le monde lui saute dessus, remuent ciel et terre pour qu’elle ait mieux. Ils la collent, lui permettent de sauter l’école. Maudit! Moi quand j’avais le gout de mourir sa ne dérangeait pas?! Parce que c’est mental, c’est soudainement moins grave? Pourquoi je compte moins que ma sœur? Pourquoi je vaut moins que les autres?»

 

«Émilie crie les matins parce qu’elle a mal… Pfft je suis sure que ce n’est même pas tant pire.»

 

«Mardi passé, je me suis levée avec un mal de ventre atroce. J’étais sure que je faisais une crise d’appendicite. J’ai eu peur pendant une seconde parce que si c’était vraiment le cas, il y aurait fallu que j’aie une opération et les médecins auraient vus la série d’estafilades qui décorent mon ventre. Mais ensuite, je voulais vraiment que sa soit le cas. Je voulais qu’on me soigne.»

 

Je voulais tellement qu’on voie que je souffrais moi aussi. Mme Barnard, ma prof de maths, a été une des premières à le remarquer, surtout parce que j’avais commencé à perdre le sourire en classe.

 

«La prof de maths est venue me voir deux fois cette semaine. Elle dit que j’ai l’air triste. Pourquoi ya juste elle qui le remarque? J’ai mal puis il y a personne qui fait quelque chose. J’ai de la misère à jouer mon rôle de fille heureuse. Je n’en suis plus capable.»

 

C’était deux semaines avant que ma sœur rentre à l’hôpital. Mme. Barnard m’avait prié de rester après le cours, ce que j’ai fait. Elle m’a demandé si j’allais bien. Évidemment, j’ai menti et je lui aie dit que j’étais juste fatiguée. Je crois qu’elle ne ma pas cru, mais elle m’a laissé partir. Dans le corridor, j’ai éclaté en larmes et lorsque mes amies m’ont demandé pourquoi je pleurais, j’ai répondu la même chose que ce que j’avais dit à ma prof : j’étais seulement fatiguée.

Les jours passent et je me fais réveiller presque à tous les matins par les gémissements d’Émilie. Je l’ai traitée d’égoïste quand elle s’est mise à chialer que les parents auraient pu nous transporter à l’école les matins. Je me rappelle d’avoir été tellement fâchée contre elle, surtout quand mes parents lui ont permis de manquer de l’école. Même si mes résultats sont acceptables et j’ai plein d’amies, je déteste l’école. C’est l’enfer. C’est long, et j’ai perdu l’envie d’apprendre. J’ai honnêtement le gout de rien faire plus tard. Je pense à mon futur et tout ce que je vois, c’est du néant.

Monsieur Coulombe, le professeur d’anglais d’Émilie, est venu me parler à quelques reprises, me demandant ce que ma sœur avait et pourquoi elle n’était pas à l’école. Je lui ai répondu ce que mon père pensait dans le temps; des problèmes avec sa glande thyroïde. Jamais le monde m’a demandé comment moi j’allais, et ca me frustrait encore plus.

Join MovellasFind out what all the buzz is about. Join now to start sharing your creativity and passion
Loading ...