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2. Chapitre I

Les oiseaux continuaient à chanter malgré le froid qu'il faisait. On était censé être au printemps mais ici il n'y a pas de saisons. Il fallait au moins parcourir une centaine de kilomètres pour sentir une brise agréable ou même pour voir des fleurs multicolores envahir le sol. Mais ici, c'était beau. J'étais appuyé contre un arbre, devant une rivière qui ne cessait de me déconcentrer lorsque j'étais dans mes pensées. La pelouse sur laquelle j'étais assis était verte, très verte. Mais le reste était fade. C'était la pelouse que j'aimais. Elle était colorée. Elle semblait heureuse. Mais pas ce soir. Il est trop tard alors je ne peux même pas la voir. J'étais seul. Il était 2h43 et j'étais assis depuis l'aube ce matin.

“Qu'est-ce que j'aime cet endroit.” Ne cessais-je de répéter tout le long de la journée. Mais ce soir la c'était différent. Parce que ce soir là, je n'ai rien fais de mal. Je suis resté sagement sous cet arbre pendant toute une journée. Mais plus le soleil devenait orangé, plus j'éprouvais le besoin de rentrer. De faire quelque chose de mal. Alors je suis retourné chez moi, et j'ai sonné. J'avais pas les clés. La porte s'ouvrit après une longue attente, d'ailleurs.

-Putain Harry.

Maman. Ma reine. Je l'aime plus que tout. Je m'en veux de lui faire du mal mais techniquement ce n'est pas à elle que je fais directement du mal.

-Tu as faim, ou pas ?

-Va te coucher maman. Je peux m'occuper de moi tout seul.

Oui, j'ai faim. J'embrasse la tempe de ma mère avant qu'elle ne parte se recoucher. Je prends un paquet de chips et une bouteille d'eau, puis je vais dans ma chambre à mon tour. Je me laisse tomber sur mon lit et plonge ma main dans le paquet, pour apporter une chips à ma bouche. Ça pique. L'eau me soulage rapidement, et puis après tout après une journée sans rien manger, ni boire, ça paraît extraordinaire de ne plus entendre son estomac gargouiller.

Mes yeux se posent sur cette caisse bleu, décorée d'un morceau de papier où l'on pouvait distinguer les lettres "DON'T EVER TOUCH." Jamais je n'ai eu autant envie de désobéir.

~FLASHBACK.~

- HARRY !

Merde. Je me suis encore endormi.

-Oui, madame Sterly.

-Est-ce que tu peux répéter ce que je viens de dire ?

-Non.

-Ah, et pourquoi ?

-Je dormais.

-T'as qu'à dire que je t'ennuies, aussi.

-Je ne me le permettrai pas, madame.

Elle me fusilla du regard et dirigea son index en direction de la porte. Elle me fait tellement, tellement, tellement chier. Je me levai de la manière la plus nonchalante possible, et sortit de la salle. J'espère qu'elle ne pense pas que je resterai derrière cette porte comme un chien. Je décide alors de me balader dans les couloirs -vides, anormalement vides- tout en entendant les cris des professeurs qui ne supportent plus les bavardages, et ceux qui ne supportent plus l'inactivité de leur classe. Après avoir fait des allers-retour dans un seul et même étage, je me décide à descendre au deuxième. L'étage le plus proche. Là, les murs sont mieux isolés. Ou alors les profs sont calmes. Qu'est-ce que ça doit être agréable. Je descend ensuite au premier. Sans vraiment d'action. Alors je vais au rez de chaussée. Il n'y a pas beaucoup de salle de classe. Mais de là, je peux voir les classes de sport dehors, je peux aller à l'infirmerie, je peux voir les clubs spéciaux qui laissent toujours leurs portes ouvertes, comme si ils faisaient un concours du débat le plus intéressant. Pour être honnête si j'avais du choisir entre le club psy, et le club info, j'aurais sans aucun doute penché pour le club info. Dans le club psy, ils sont tous un peu tarés. Je me tiens debout, entre les deux portes de chacune des salles de club, et j'écoute. Le club info est assez intéressant. Mais je n'irais pas. Il y a trop de contact avec le club psy, et les participants m'effraient là-bas.

-Tu es perdu ?

Ouf. C'est un du club info. Du moins il n'a pas l'air taré. Il est de taille moyenne, brun, et il porte des lunettes rectangulaires, pas trop ringardes. Sa chemise est entrouverte et il porte un pantalon assez serré. Je ne l'ai jamais croisé

-Non.

-Alors qu'est-ce que tu fais ici ?

-Je vous écoute.

-Le club psy n'est ouvert qu'aux membres.

-Qui t'as dis que j'écoutais le club psy ?

Il se mord la lèvre inférieure, sûrement énervé.

-Tu ferais mieux de retourner en classe. Pour le bien de tous.

-Je ne suis pas sûr d'en avoir envie. Avouai-je.

-Alors ne reste pas ici.

Il me regarde bizarrement. Je ne sais pas pourquoi j'ai cru qu'il ne faisait pas parti du club psy, finalement.

-T'as qu'à fermer la porte.

Il écarquille ses yeux et lève ses sourcils, blasé. Il est très agaçant.

-Pardon ?

-Fermes la porte si tu ne veux pas que j'entende.

-Je peux pas.

-Je sais.

-Alors qu'est-ce que..

-J'essaye désespérément de me trouver une excuse pour rester ici. Et toi, qu'est-ce que tu fais encore ici ?

-J'essaye désespérément de trouver une excuse pour te faire partir.

-Je te dérange tant que ça ?

-Oui.

-Et bien va te faire foutre.

Je suis parti le premier. Je suis remonté à mon étage. Et je me suis remis sagement devant ma porte. Puis j'ai frappé.

-Tu peux rentrer.

Décidément, l'isolation était vraiment mauvaise ici. Je rentrai sans dire un mot et m'assis à ma place, à côté de la fenêtre. Il faisait beau. Et je n'aimais pas rester enfermé par ce temps. Madame Sterly continu son récit long et ennuyant à propos de quelque chose de philosophique. Enfin je crois. Logiquement oui puisqu'elle est prof de philo.

C'est quand la sonnerie retentit que je sortis de mes pensées. Je n'eus pas à ranger mes affaires vu que je ne les avais pas sorti. Mais bien sur je ne pouvais pas sortir sans aucune remarque de la part de Madame Sterly. Ç'aurait était trop beau pour être vrai.

-Styles. Reste deux minutes s'il te plait.

Presque automatiquement, je m'assis sur le bureau juste en face du sien en attendant que les autres élèves soient sortis. Lorsqu'ils furent tous partis, madame Sterly me demanda de me lever.

-Je ne sais pas ce qu'il se passe dans ta tête. Mais plus j'y pense plus je me demande si tout ça est réellement de ta faute. Si tu es perturbé, est-ce vraiment un défaut, sur toi ?

-J'en ai aucune idée.

-Tu n'y as pas réfléchi, en même temps. Tu devrais aller au club psy. Tu pourrais penser à tout ça et me faire une rédaction sur ta dissipation. Et tu ne serais pas seul à réfléchir sur cette question.

-Je ne pense pas y être le bienvenu. Désolé. Bonne journée.

-J'espère pour toi que tu y seras à 13h15. Je t'y attendrai. Tu peux y aller.

Décidément, celle la elle ne pouvait vraiment pas en manquer une. Je n'imagine même pas l'ambiance qui allait peser dans la salle, tout à l'heure. Avec ce petit con de tout à l'heure, surtout. J'espère qu'il ne fera aucune remarque. J'espère pour lui.

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